LA phrase immanquable en Indonesie. S'il n'y en n'a qu'une a connaitre c'est celle-la, avec peut-etre : Di mana ada martabak? ("ou est-ce qu'il y a des martabak ?" pour les petites faims du soir). Elle vous est crachee au visage avec plus ou moins d'agressivite : tantot un conducteur d'opelet s'approche nonchalamment et vous le demande avec retenue, tantot quatre becak se jettent sur vous en hurlant d'une voix grincante : Hey mister ! Hey mister !!! Mau ke mana ? La question du transport occupe autant de place que les aleas intestinaux dans la vie du voyageur en Indonesie ; il convient donc de faire le point sur tout ce qui roule et qui ne reve que d'une chose : que vous soyez trop fatigue pour rentrer a pied a l'hotel...
Le plus classique, le taxi. Confortable et sur, il vous conduira sans encombre a destination. Sa generosite naturelle le poussera bien souvent a vous offrir un tour complet de la ville, en laissant tourner le compteur. On le rencontre principalement a Jakarta, et a la sortie des gares des grandes villes.
Le plus economique, le bus. Pour moins de 10 euros, il vous emmenera a l'autre bout du pays. Le hic ? des sieges etroits, un moteur cahotant, des pneus incertains et une furieuse envie de gagner du temps : vous pouvez monter n'importe ou sur la ligne, mais il ne s'arretera pas plus d'une seconde pour vous laisser monter ; en dehors des villes, tout article du code de la route qui l'obligerait a ralentir devient obsolete etc...
Le plus pratique, l'opelet. Petite camionnette dotee de fenetres a l'arriere et de deux banquettes laterales, l'opelet effectue des trajets reguliers entre deux villes, ou entre le centre et le terminal de bus, pour quelques dizaines de centimes. Chaque ligne possede sa couleur. Un seul inconvenient : le conducteur n'acceptera generalement de partir que quand l'opelet sera plein (douze personnes semble etre un bon remplissage). On peut ainsi voir aux terminaux, plusieurs dizaines d'opelet identiques alignes en attente de passagers. A moins de payer un "transpor spesial" hors-de-prix, il vaut mieux ne pas etre presse. Attention ! Pensez a enlever vos enormes sacs a dos avant de penetrer dans l'opelet, sinon vous ne passerez pas la porte, trop basse et trop etroite.
Le plus rock'n'roll, l'ojek. Montez derriere le conducteur, attachez bien votre sac, cramponnez vous solidement, et vous voila parti pour une folle chevauchee en moto, les cheveux au vent, a vous faufiler dans la masse grouillante des villes ou a traverser des rizieres verdoyantes sur des routes sinueuses. Rapide mais souvent assez cher. Est-il besoin de preciser que c'est extremement dangereux ?
Le plus fandard, le bajaj. On ne le trouve qu'a Jakarta. Le bajaj ("baille djaille") est une carcasse de taule rouillee montee sur un moteur de tondeuse (on ne blague pas ! pour demarrer il faut tirer une ficelle !) et pourvue de trois roues. Cousin indonesien de l'auto-rickshaw indien, le bajaj peine un peu dans les montees (en gros, il se fait doubler par les pietons) mais est tres pratique pour les deplacements sur terrain plat. Le plus royal, l'andong. Un charriot tire par un cheval, parfois decore comme un sapin de noel. Attention a ne pas discuter trop longtemps le prix de la course, vous risquez l'eclaboussure.
Le plus colonial, le becak. Prenez trois roues, un pedalier, une selle, une banquette : vous avez un becak. Petite particularite pour le recrutement de passagers : pour vous proposer une course, le conducteur mimera un mouvement de pedaliers avec ses mains et vous lancera la replique maintenant devenue culte... et il peut se montrer tres insistant : ainsi, a Jember, un cycliste desoeuve a suivi pendant pres d'un kilometre notre promenade nocturne. Variante motorisee, le bemo (pour becak-motor) : remplacez le velo a l'arriere par une moto sur le cote.